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Contrôle de la pollution au contrôle technique : ce qui est mesuré et ce qui fait échouer

La pollution est vérifiée dans la fonction « nuisances » du contrôle technique. Un véhicule à essence ou au gaz passe sous un analyseur de gaz d’échappement ; un diesel passe un test d’opacité des fumées ; le contrôleur lit aussi le système de diagnostic embarqué (OBD) quand le véhicule en est équipé. Dans le texte officiel, un dépassement est une défaillance majeure, jamais critique : le contrôle est défavorable (S) et la contre-visite se fait dans les 2 mois.

Sommaire
  1. Quelles mesures selon le carburant ?
  2. Comment se déroule la mesure ?
  3. Quels seuils ?
  4. Le voyant moteur et l’OBD
  5. Les défaillances liées à la pollution
  6. Que faire avant le contrôle ?
  7. Utilitaires légers : un contrôle pollution en plus
  8. Si le contrôle est défavorable pour pollution
  9. Questions fréquentes

Quelles mesures selon le carburant ?

Les méthodes viennent de l’instruction technique de l’UTAC, l’organisme technique central du contrôle (IT VL F8, version du 11 avril 2025).

VéhiculeMesureConcerne
Essence, superéthanol, gazÉmissions gazeuses, à l’analyseur de gaz d’échappement (point 8.2.12)Véhicules mis en circulation à partir du 1er octobre 1972
DieselOpacité des fumées, à l’opacimètre (point 8.2.22)Véhicules mis en circulation à partir du 1er janvier 1980
HybrideSelon son carburant ; le moteur thermique est mis en marche à l’arrêt, selon la procédure du constructeurLes mêmes dates

Pour tous, le contrôleur vérifie aussi les équipements de réduction des émissions (pot catalytique, filtre à particules, SCR) et lit le système OBD. Un véhicule 100 % électrique n’a pas d’échappement : ces mesures ne le concernent pas.

Comment se déroule la mesure ?

Avant de mesurer, le contrôleur s’assure, selon l’instruction technique, que :

  • la transmission aux roues n’est pas assurée (point mort, ou position parking en boîte automatique) ;
  • les systèmes de mise en veille du moteur (Stop & Start) sont désactivés ;
  • la ligne d’échappement est étanche, par vérification visuelle et auditive ;
  • le moteur est à sa température normale de fonctionnement ;
  • le niveau d’huile moteur est correct.

Pour un moteur à essence, à défaut de méthode précisée par le guide de l’appareil, l’instruction prévoit de chauffer le moteur à environ 3 000 tr/min pendant 60 secondes, de revenir au ralenti, d’introduire la sonde d’au moins 300 mm dans l’échappement, puis de mesurer après 10 secondes de stabilisation, sans dépasser 30 secondes de mesure.

Quels seuils ?

Diesel : l’opacité des fumées

La limite est d’abord la valeur du coefficient d’absorption de la réception du véhicule, enregistrée dans la base de l’organisme central, ou à défaut la valeur inscrite sur la plaque du véhicule. En l’absence des deux, l’instruction technique applique ces limites :

Véhicule dieselLimite d’opacité
Moteur atmosphérique mis en circulation jusqu’au 30 juin 20082,50 m-1
Moteur turbocompressé mis en circulation jusqu’au 30 juin 20083,00 m-1
Mis en circulation à partir du 1er juillet 2008 (hors Euro 6)1,50 m-1
Euro 60,70 m-1

La norme Euro du véhicule figure sur la carte grise, champ V9. Si les mesures sont instables avec une étendue supérieure à 0,50 m-1, le véhicule est déclaré instable, ce qui est aussi une défaillance majeure ; une instabilité plus légère n’est que mineure.

Essence et gaz : CO et lambda

Les limites en monoxyde de carbone (CO) dépendent de la date de mise en circulation et de la présence d’un système de réduction des émissions : le tableau figure dans l’instruction technique. Pour un véhicule équipé d’un tel système, le coefficient lambda doit rester compris entre 0,97 et 1,03 (cette valeur n’est pas prise en compte quand le véhicule est contrôlé en mode gaz).

Le voyant moteur et l’OBD

Le contrôle de l’OBD concerne les véhicules soumis à l’obligation d’en être équipés (essence et superéthanol à partir du 1er janvier 2002 ; diesel à partir du 1er janvier 2004 pour les voitures particulières de moins de 2,5 t et 6 places au plus, du 1er janvier 2007 pour les autres ; gaz à partir du 1er octobre 2010), ainsi que tout véhicule doté d’un voyant OBD orange. Selon l’instruction technique :

  • mineure : au moins un code défaut standard commençant par P0, P1 ou P2 mémorisé, avec un résultat conforme à la lecture ;
  • majeure : voyant OBD allumé moteur tournant ou clignotant ; résultat non conforme à la lecture ; voyant éteint contact mis moteur à l’arrêt ; absence de voyant alors que la base technique indique un véhicule équipé.

Les défaillances liées à la pollution

Voici les principales, d’après l’annexe I de l’arrêté du 18 juin 1991 et l’instruction technique (numéro du point entre parenthèses). Elles sont toutes de niveau majeur sauf indication contraire :

  • émissions gazeuses au-dessus des niveaux du constructeur ou de la réglementation ; coefficient lambda hors tolérances (8.2.12) ;
  • opacité au-dessus de la valeur de réception ou des limites réglementaires (8.2.22) ;
  • équipement de dépollution monté par le constructeur manifestement absent, modifié ou défectueux : pot catalytique, filtre à particules, SCR (8.2.11, 8.2.21) ;
  • fuite sur un élément situé entre le moteur et la sortie du dernier équipement de dépollution, ou fuite importante de solution d’urée (8.2.11, 8.2.21) ;
  • fumée excessive à l’échappement (8.2.12) ;
  • mesure impossible : ralenti instable ou inexistant, niveau d’huile hors plage, indicateur de température du liquide de refroidissement dans le rouge, fuite importante sur l’échappement (8.2.12, 8.2.22).

Ces points figurent aussi dans les exemples de défaillances par niveau.

Que faire avant le contrôle ?

Le contrôleur ne peut pas mesurer si l’un des cas ci-dessus l’en empêche. Avant de vous présenter, vérifiez donc ce qui dépend de vous : niveau d’huile, fuites visibles, voyants allumés au tableau de bord, bruit anormal de l’échappement. Un voyant moteur allumé se traite avant le contrôle plutôt qu’après : un garage peut lire les codes défaut mémorisés et chercher l’origine du voyant.

Utilitaires légers : un contrôle pollution en plus

Pour les véhicules utilitaires légers (catégorie N1), l’article R. 323-22 du code de la route ajoute un contrôle des émissions polluantes dans les deux mois qui précèdent la date un an après chaque contrôle technique. Il ne s’applique pas aux utilitaires de collection.

Si le contrôle est défavorable pour pollution

Une défaillance de pollution est majeure : le contrôle reste valable 2 mois et la contre-visite vérifie les points défaillants après réparation. Voir la page contre-visite et, pour savoir combien coûte l’opération chez les centres de l’annuaire, le prix du contrôle technique. Pour trouver un centre près de chez vous : recherche de centre. L’échéance du prochain contrôle se calcule avec la périodicité du contrôle.

Les autres questions pratiques, de la périodicité aux papiers à apporter, sont réunies dans le guide du contrôle technique.

Questions fréquentes

Un dépassement des limites de pollution est-il une défaillance critique ?

Non. Dans l’annexe I de l’arrêté du 18 juin 1991, un dépassement des émissions gazeuses ou de l’opacité est une défaillance majeure : le contrôle est défavorable (S) et une contre-visite est à faire dans les 2 mois.

Mon véhicule électrique passe-t-il un contrôle de pollution ?

Les mesures d’échappement concernent les véhicules dont l’essence, le superéthanol, le gaz ou le gazole sont une source d’énergie. Un véhicule 100 % électrique n’est pas visé par ces mesures ; il passe en revanche le reste du contrôle.

Un voyant moteur allumé fait-il échouer le contrôle ?

Cela dépend du voyant. Pour les véhicules équipés, le voyant orange du système OBD allumé moteur tournant, ou clignotant, est une défaillance majeure. Un simple code défaut mémorisé, avec un résultat conforme à la lecture, n’est qu’une défaillance mineure.

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Mis à jour le 1er novembre 2026