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Le contrôle technique en Suisse : l’expertise périodique sur convocation

En Suisse, on ne parle pas de contrôle technique mais d’expertise (ou « contrôle subséquent officiel »). Une voiture de tourisme y passe 5 ans après sa première mise en circulation, au plus tard 6 ans, puis 3 ans plus tard, et ensuite tous les 2 ans. Différence majeure avec la France : vous ne choisissez pas la date, c’est le service cantonal des automobiles qui vous convoque.

Sommaire
  1. Qui fait l’expertise ?
  2. Quand une voiture passe-t-elle l’expertise ?
  3. Comment se passe la convocation ?
  4. Ce qui est contrôlé
  5. Combien ça coûte ?
  6. Préparer l’expertise : le rôle des garages
  7. Suisse et France : les différences
  8. Questions fréquentes

Qui fait l’expertise ?

Le contrôle est une tâche cantonale. L’autorité d’immatriculation du canton (office ou service des automobiles, selon le canton) convoque les détenteurs et réalise l’expertise avec ses propres experts de la circulation. L’ordonnance fédérale lui permet de déléguer ces contrôles à des entreprises ou des organisations qui garantissent une exécution irréprochable, sauf ceux qui suivent un rapport de police. En Valais, par exemple, le Conseil d’État a confié depuis 2008 le contrôle technique à la section valaisanne du TCS.

Le cadre commun est fixé par l’article 33 de l’ordonnance concernant les exigences techniques requises pour les véhicules routiers (OETV), qui fixe les intervalles de contrôle à son alinéa 2.

Quand une voiture passe-t-elle l’expertise ?

Pour les voitures de tourisme, légères et lourdes, l’OETV prévoit :

  1. une première expertise 5 ans après la première mise en circulation, et au plus tard 6 ans après ;
  2. une deuxième 3 ans plus tard ;
  3. puis une expertise tous les 2 ans.

Ce rythme « 5-3-2 », en vigueur depuis le 1er février 2017, vaut aussi pour les motos, les quadricycles et tricycles à moteur, et les remorques de plus de 750 kg. Les camping-cars, minibus et voitures de livraison suivent un rythme « 4-3-2 », et les véhicules de transport professionnel de personnes passent un an après leur mise en circulation, puis chaque année. Le service cantonal de Neuchâtel publie le tableau complet par genre de véhicule ; il prévoit aussi un rythme de 6 ans pour les véhicules « vétérans ».

Deux autres cas existent :

  • le contrôle volontaire : un détenteur peut demander une expertise à tout moment ;
  • le contrôle extraordinaire : la police signale à l’autorité les véhicules gravement endommagés dans un accident ou présentant des défauts graves lors d’un contrôle routier ; ils doivent repasser une expertise. Un véhicule transformé doit aussi être annoncé et contrôlé.

Comment se passe la convocation ?

L’autorité d’immatriculation envoie un courrier au détenteur. Les modalités de report dépendent du canton :

  • Vaud : le rendez-vous peut être déplacé ou annulé en ligne (avec le numéro de matricule et le numéro FID de la convocation), par e-mail, par courrier, par téléphone ou au guichet, jusqu’à 3 jours ouvrables avant la date ; au-delà, l’émolument est facturé (vd.ch) ;
  • Valais : lors d’une première convocation, le rendez-vous peut être reporté dans les 90 jours suivant l’émission de la lettre, sans dépasser la date limite indiquée ; les convocations à une expertise obligatoire suivante (deuxième convocation, rapport de police) ne se déplacent pas, et l’émolument reste dû si le véhicule n’est pas présenté.

En France, au contraire, aucune convocation n’est envoyée : la date limite figure sur la carte grise et la vignette, et c’est à vous de prendre rendez-vous (voir la périodicité du contrôle technique).

Ce qui est contrôlé

L’article 33 de l’OETV liste les points de l’expertise : identification du véhicule, freins, direction, visibilité, éclairage et installation électrique, châssis, essieux, roues, pneus et suspensions, autres installations, et émissions. On retrouve les grands domaines du contrôle technique européen. Le kilométrage est relevé à chaque contrôle.

Combien ça coûte ?

Il n’y a pas de prix fédéral : chaque canton fixe ses émoluments. À titre d’exemple, le barème de l’office bernois de la circulation routière (état au 12 janvier 2026) indique :

Prestation (canton de Berne)Émolument
Contrôle facultatif ou périodique d’une voiture légère (jusqu’à 3,5 t)CHF 60
Contrôle partiel, transformationsCHF 120
Contrôle subséquent partiel après un constat sans préavisCHF 30

Les montants des autres cantons figurent dans leur propre barème ou sur la convocation. En France, le prix est libre : 81,83 € en moyenne d’après les tarifs déclarés par les centres, à comparer sur notre page prix du contrôle technique.

Préparer l’expertise : le rôle des garages

Des garages et des clubs automobiles proposent une « pré-expertise » avant le passage : c’est un service payant et facultatif, pas une étape officielle. Il peut éviter une mauvaise surprise, car les réparations doivent de toute façon être faites. Certains cantons autorisent aussi des garages à contrôler la réparation de défauts mineurs relevés à l’expertise : le Valais publie la liste de ces garages, ainsi que celle des garages autorisés à contrôler les cyclomoteurs.

Suisse et France : les différences

SuisseFrance
Premier contrôle d’une voiture5 ans (au plus tard 6)Dans les 6 mois avant les 4 ans
Ensuite3 ans plus tard, puis tous les 2 ansTous les 2 ans
Prise de rendez-vousConvocation par le cantonÀ l’initiative du propriétaire
Qui contrôleService cantonal ou organisme déléguéCentres privés agréés
PrixÉmolument cantonalLibre, fixé par chaque centre

La Suisse ne fait pas partie de l’Union européenne : la directive européenne sur le contrôle technique ne s’y applique pas, même si les points contrôlés se ressemblent. Pour la comparaison avec les autres pays, voyez notre page sur le contrôle technique en Europe.

Vous quittez la Suisse pour la France avec votre voiture ? L’expertise suisse ne suffit pas pour l’immatriculer : il faut un contrôle de moins de 6 mois fait en France ou dans l’Union européenne. Tout est expliqué dans notre page sur le contrôle technique à l’étranger, et les autres questions pratiques sont réunies dans le guide du contrôle technique.

Questions fréquentes

Combien coûte l’expertise d’une voiture en Suisse ?

Chaque canton fixe ses émoluments. Dans le canton de Berne, par exemple, le contrôle périodique d’une voiture légère coûte CHF 60 (barème de l’office de la circulation routière, état au 12 janvier 2026). Consultez le barème de votre canton ou le courrier de convocation.

Faut-il prendre rendez-vous soi-même pour l’expertise ?

Non. En Suisse, c’est l’autorité d’immatriculation du canton qui convoque le détenteur. Vous pouvez en général déplacer le rendez-vous proposé, dans les limites fixées par le canton, et demander un contrôle volontaire à tout moment.

Une expertise suisse vaut-elle contrôle technique en France ?

Non. Pour immatriculer en France une voiture venant de Suisse, il faut un contrôle technique de moins de 6 mois réalisé en France ou dans un pays de l’Union européenne, d’après service-public.gouv.fr. Le détail est sur notre page consacrée au contrôle technique à l’étranger.

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Mis à jour le 1er novembre 2026